mardi 7 juillet 2009
Les postures éducatives à l'épreuve de la complexité
Lors de la conception d’une journée inter associative
ADAEAR/ LE VALDOCCO, nous avons réfléchi au montage d’un atelier « Les postures
éducatives à l’épreuve de la complexité ».
Avec Mr Portier, directeur des Glycines,
et Mr Gallien, directeur du lieu ressources Les Tilleuls, nous avons tenté d’élaborer
un temps de réflexion qui permette aux participants de s’impliquer dans ce
travail.
Le travail social, comme tout autre secteur
d’activité professionnel, est friand de termes employés quotidiennement. Il est
néanmoins plus complexe de s’entendre sur un terme qui tend à prendre valeur de
concept. Il est devenu essentiel de circonscrire cette posture que nous
souhaitions mettre en question.
Nous en sommes arrivés à définir la
psoture éducative comme un ensemble d’attitudes professionnelles permettant des
conditions favorables à l’exercice de la relation d’aide éducative ainsi que la
dimension éthique de cette relation.
Est venue ensuite la dimension des
paradoxes mis à l’épreuve dans cette relation asymétrique entre l’éducateur,
professionnel et salarié d’une institution et le bénéficiaire de cette relation
qui est souvent en situation de contrainte par la mesure d’un placement dont il
est rarement demandeur.
Au nombre des paradoxes, nous avons retenu :
· Celui entre la distance nécessaire (garante de la non
intrusion entre son propre vécu et celui de l’enfant/adolescent et la proximité
qui permet de créer un lien suffisamment bienveillant.
· Celui entre l’exigence de l’acte éducatf quotidien et la
nécessité d’avor un seuil de tolérance adapté à la réalité des problématiques
vécues par les usagers.
· Celui entre l’authenticité qui permet l’accroche
relationnelle (avec un public sensible à un éducateur qui mouille sa chemise)
et la mise en scène que constitue l’acte éducatif dans sa dimension
institutionnelle construite à côté (et non en suppléance) de la scène
familiale.
Les postures éducatives deviennent alors les tentatives de résolution, au fil de l’expérience professionnelle, de cette tension permanente entre des dimensions par définition antinomiques. Le travail de l’éducateur va être de comprendre les enjeux à l’œuvre dans la relation quotidienne d’aide.
Enfin, la complexité tient non seulement aux paradoxes mais aussi à la temporalité nécessaire à tout acte éducatif durable, aux missions qui définissent l’existence même des structures sociales et médicosociales et à cette dimension de contrainte avec laquelle il nous faut apprendre à travailler. Pour cela, les éclairages de Guy Hardy sont de précieux outils de pensée, d’analyse et d’appuis techniques concrets.
Sandrine Fortina